Si vous avez suivi le blog ces dernières semaines, vous avez pu voir que j’ai eu l’occasion de répondre à l’un des abonnés : Alexandre. Ce dernier m’a en effet demandé mon avis sur l’avenir du cinéma indépendant français. Au lieu d’écrire un mail bien fourni qui n’aurait finalement profité qu’à Alexandre, je me suis dit qu’il serait sans doute plus intéressant de formuler une réponse écrite dans un article accessible à tous.

Eh bien j’ai récemment décidé de renouveler cette démarche ! 😀

Cette fois-ci, c’est un autre abonné du blog, Cyprien, jeune scénariste en herbe, qui m’a demandé quelques précisions sur le monomythe de Joseph Campbell et le voyage du héros de Christopher Vogler.

Je vais donc essayer de répondre de la manière la plus claire et précise possible à la question assez fondamentale qu’il ma posée…

« Le monomythe est-il une structure dont les étapes permettent de montrer un héros s’accomplir et s’affirmer en tant qu’individu ? »

Euh, en fait… oui et non.

Je sais… j’ai pas encore commencé et c’est déjà le bordel ! 😛
Mais pas de panique ! Je m’explique…

Dans premier temps, il faut bien dissocier la notion de structure et celle d’archétype.

La structure se définit comme un cadre de référence chronologique pouvant être remanié par l’auteur selon ses envies et/ou les besoins de l’histoire racontée.

Les archétypes se définissent avant tout comme des points de repères ayant la capacité de toucher le public de manière universelle (merci à l’inconscient collectif !).

Joseph Campbell et Christopher Vogler, mettent tous les deux en avant des structures narratives elles-mêmes constituées de plusieurs étapes. Le monomythe propose une structure en seize étapes, tandis que celle du du voyage du héros en comporte douze.

Mais…

Ces deux théories se construisent également sur la présence et l’intervention de plusieurs archétypes.

En ce sens, dire que le monomythe et le voyage du héros sont des structures, relève en réalité d’un certain abus de langage. Il ne s’agit pas uniquement de structures. Il s’agit bien de concepts qui englobent plusieurs notions bien distinctes, dont les archétypes.

La confusion (et parfois même l’amalgame) entre structure et archétypes, tend d’ailleurs selon moi à être favorisée par la présence nécessaire du mentor dans le parcours initiatique d’un héros.

Dans les étapes qui constituent les structures issues du monomythe et du voyage du héros, on retrouve en effet l’étape de la rencontre avec le mentor. La rencontre est bien une étape qui fait partie de la structure narrative, mais le mentor lui, est un archétype. Au même titre que l’archétype de l’Ombre par exemple. Contrairement aux autres archétypes, le mentor est intégré directement dans la structure. Une étape lui est spécifiquement dédiée. De mon point de vue, cela s’explique essentiellement par le fait que le mentor est le seul archétype qui est indissociable du principe même d’un héros.

Sans figure mentorale, il n’y a pas de héros.

Je m’explique également sur ce point…

Le rôle élémentaire d’un héros, est de poursuivre le besoin d’évoluer face à l’inconnu.

En clair : le héros poursuit l’idéal d’une meilleure compréhension des choses qu’il ne connait pas.

Le rôle de l’archétype du mentor réside justement dans le fait d’apporter l’enseignement dont le héros a besoin pour évoluer vers l’inconnu. Dans le meilleur des cas, le héros parvient à assimiler et à appliquer l’enseignement qu’il reçoit au cours de son voyage. Il réussit ainsi sa quête et s’accomplit. Dans le pire des cas, il rejette son enseignement et termine en barbecue sur Mustafar. 😀

Anakin Dark Vador brûle sur Mustafar

Le héros est toujours placé devant une perspective d’apprentissage, même s’il ne parvient pas à assimiler l’enseignement qu’il reçoit. Sans la présence de l’archétype du mentor, cette perspective ne peut pas exister. Si cette perspective est absente, le héros n’est tout simplement pas un héros !
( “Jeeee n’suis paaas z‘un héros !” 🙂 )

L’étape de la rencontre avec le mentor ne se traduit donc pas nécessairement par un événement unique dans le récit. C’est souvent le cas, mais ce n’est pas indispensable ! Basiquement, on peut considérer qu’à chaque fois que le héros apprend quelque chose par le biais d’un personnage ou de toute autre entité, l’archétype du mentor s’incarne – même de manière momentanée – au travers de ce personnage ou de cette entité.

Et il en va de même pour tous les autres archétypes…

Si vous avez suivi les analyses de la saga Star Wars, vous avez certainement pu noter que l’archétype de l’Ombre est associé à l’étape de l’épreuve suprême de Anakin et de Luke dans les épisodes 2 et 5. Mais cette association est avant tout issue d’un choix narratif. Le héros d’un mythe ne doit pas systématiquement faire face à sa part d’ombre lors de l’épreuve suprême. À l’inverse, l’épreuve suprême ne doit pas systématiquement mettre le héros face à sa part d’ombre. Il n’est même pas obligatoire d’utiliser l’archétype de l’Ombre dans un récit mythologique !

En fait, rien n’est obligatoire ! Ben ouais… Il y a des lois à comprendre et à maîtriser, mais…

…c’est de l’art, gros lard !

L’essentiel à retenir de tout ça, c’est que le monomythe et le voyage du héros permettent effectivement de mettre en place une initiation cohérente d’un héros voué à s’accomplir ou à échouer. Il s’agit de concepts théoriques et non pas uniquement de structures. Ces concepts englobent plusieurs aspects comme les archétypes. Ces derniers peuvent tout-à-fait être dissociés des étapes qui constituent l’initiation d’un héros. Enfin, les étapes de toute structure narrative peuvent être réagencées dans la chronologie du récit, selon les besoins et/ou les envies de l’auteur.

2 Commentaires
  1. Abraham 1 année Il y a

    Bonjour Marc; est-ce que vous pouvez nous faire un tuto sur le workflow?

    • Marc
      Marc 1 année Il y a

      Bonjour Abraham,

      Qu’entendez-vous par workflow ?

      La méthode d’écriture d’un scénario de film ?

      Ou…

      Le flux de production d’un film ?

      Bien à vous,
      Marc

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