cameraman

Si vous suivez le blog vous devez sûrement savoir qu’il m’arrive de dédier des articles à certaines questions que je reçois de la part de lecteurs ou abonnés ( de vous quoi ! 😀 ). Quitte à répondre à une personne, je me dis qu’il est préférable que ma réponse profite à un maximum de gens.

Eh bien j’ai encore frappé ! 😀

Cette fois-ci c’est Garance qui m’a posé une question à propos du matériel vidéo. Elle a en sa possession un budget de 2000€ pour un projet qu’elle prépare en ce moment, et elle cherche, je cite : “une caméra de bonne qualité capable de filmer en basse lumière”.

Avant de donner quelques éléments de réponse à la question de Garance, j’aimerais tout de même rappeler une nouvelle fois que la qualité technique de l’image n’est pas nécessairement le critère le plus déterminant de la qualité d’un film. J’ai déjà abordé cette question dans un précédent article qui propose justement 3 critères pour choisir une caméra pour un court-métrage. Mais il est aussi vrai que les intentions d’un projet audiovisuel ou cinématographique peuvent tout-à-fait impliquer la nécessité d’accorder de l’importance à la qualité technique des images produites. J’ignore la nature du projet de Garance, mais s’il s’agit d’un documentaire sur un sujet assez récent par exemple, ou encore un film dont l’esthétique visuelle est au cœur de l’intention de réalisation, il est effectivement possible que la technique soit un critère non négligeable.

Quoiqu’il en soit, on peut dire que cette question tombe plutôt bien, puisque je n’ai encore jamais abordé sur ce blog la problématique technique relative au choix d’une caméra.
( y’a une première fois à tout… Champagne !! Pô !! Pshhhh… 😀 😛 )

Je vois personnellement deux aspects à considérer dans la question de Garance… J’ai regardé dans ma boule de cristal… “je voiiis, je voiiiis… deux aspeeects dans taaaa questiooon !” :O

Bon ok ça va j’ai compris… j’arrête de raconter de la merde et je réponds sérieusement 😀

Tout d’abord, il me paraît important de définir clairement ce qui selon vous et votre projet, constitue une bonne qualité d’image. Ce premier aspect est extrêmement relatif (voir même subjectif) et dépend avant tout du rendu et/ou du cachet esthétique que vous souhaitez obtenir.

Par exemple, si vous souhaitez faire une fiction en “found footage”, il paraît plutôt inapproprié de chercher à obtenir un rendu cinématographique. Il faudra plutôt vous orienter vers des camescopes grand public, ou même simplement vers la caméra de votre téléphone. Dans ce cas de figure, on peut donc considérer qu’une bonne qualité technique peut être facilement atteinte avec presque n’importe quelle caméra.

Sony RX0

Ne rigolez pas ! Cette petite crotte coûte un peu plus de 800€ 🙂

Admettons maintenant que vous souhaitez réaliser une fiction (ou un documentaire) en apportant un soin particulier à la composition de vos plans et à la lumière. Le critère de qualité change évidemment de manière assez significative. Vous devrez alors certainement vous orienter vers des caméras pro ou semi-pro permettant d’obtenir une image assez précise et facilement manipulable en postproduction (correction colorimétrique, étalonnage, incrustations, etc.). Dans ce cas de figure, on peut rapidement se retrouver face à des prix beaucoup moins accessibles ( souvent bien plus que 2000€ ! 😕 ) et la location se présente finalement comme une solution bien plus adaptée. D’ailleurs, le coût de ce type de matériel ne se ressent pas uniquement sur l’achat de la caméra seule. De manière générale, si une caméra coûte cher, les objectifs et accessoires qui s’adaptent sur cette caméra coûtent également un bras ( ainsi qu’une jambe, un oeil et votre maison ! 😀 ). En réalité, plus vous prenez du matériel cher, plus vous devez assumer des coûts importants à tous les niveaux de la production. Une caméra plus chère implique non seulement des objectifs et des accessoires plus coûteux, mais aussi (et surtout) une prise en charge plus lourde. Elles sont potentiellement beaucoup plus contraignantes à manipuler sur le tournage, elles nécessitent généralement la présence de techniciens qualifiés et les fichiers vidéos produits demandent beaaaauuuucoup plus d’espace de stockage. Ce qui implique bien entendu le besoin d’avoir des stations de montage et d’étalonnage beaucoup plus performantes…. bref ! Vous avez compris l’idée. Chercher à produire absolument une image très précise sur le plan technique, peut rapidement vous amener vers un cercle de dépenses assez vicieux, que vous n’êtes peut-être pas forcément prêts à assumer à votre niveau. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles je déconseille formellement aux petites productions d’utiliser des caméras professionnelles comme les Red, la gamme des Sony F ou encore même la gamme des BlackMagic.

Celles-ci sont souvent présentées comme le Saint Graal des indépendants pour faire des images au rendu cinéma. En réalité, elles nécessitent souvent un ensemble d’accessoires assez onéreux et produisent des fichiers extrêmement lourds à prendre en charge !

Blackmagic Cinema Camera

Souvenez-vous : « Black Magic » signifie « Magie noire »…
Avant de faire de la magie noire il faut assurer ses arrières 😉

Les réflex numériques permettant de faire de la vidéo présentent encore à l’heure actuelle le meilleur compromis entre la qualité technique de l’image, le potentiel esthétique, et la facilité d’accès aux petites productions. Et pour être tout-à-fait franc, je ne pense pas que ça changera de si tôt ! La nature intrinsèque du progrès implique la miniaturisation et la banalisation des outils technologiques. Cette considération est valable dans n’importe quel domaine reposant sur la technologie. Nos téléphones sont aujourd’hui bien plus puissants que les premiers ordinateurs (qui faisaient la taille d’une pièce entière !). Il est certain que les réflex numériques arriveront un jour à un niveau technique équivalent à celui des grosses caméras professionnelles d’aujourd’hui. Certains parviennent d’ailleurs déjà à produire des images de bien meilleure qualité que celles produites par les caméras Panavision argentiques des années 1990/2000.

Je n’ai pas envie de vous “vendre” à tout prix les mérites des réflexes numériques (couramment appelés “DSLR”). Si vous estimez avoir le budget pour adopter une solution plus conséquente, alors fonçez ! Mais les DSLR offrent beaucoup d’avantages de taille…

À l’origine, vous devez acheter un boîtier nu sans objectif. Il existe des kits dans lesquels vous trouverez un boîtier accompagné d’un objectif (généralement 18-55mm ou 18-135mm). Si vous avez les moyens d’acheter le boîtier nu et un objectif différent de celui du kit, je vous le recommande fortement ! Lorsqu’on cherche à acheter une caméra ou même un appareil pour prendre des photos, on donne naturellement priorité aux caractéristiques du dispositif d’enregistrement. En réalité, les caractéristiques de l’objectif que vous choisissez de fixer sur votre boîtier, ont une influence majoritaire sur la qualité de l’image obtenue. Si vous fixez un objectif de mauvaise qualité sur un boîtier haut de gamme, vous aurez peu de chances d’obtenir un rendu visuel réellement qualitatif. À l’inverse, si vous fixez un objectif de bonne qualité sur un boîtier d’entrée de gamme, vous pourrez espérez obtenir un rendu visuel très qualitatif (vous pourriez même être surpris(e) !). Gardez donc bien à l’esprit qu’il est toujours plus intéressant d’opter pour un boîtier à faible coût (env. 500€ à 700€ maximum) et d’investir dans un objectif de qualité qui vous permettra de tirer pleinement parti de ce boîtier.

objectifs photo iphone

Globalement, pour trouver un bon objectif, il faut avant tout se focaliser sur sa capacité d’ouverture. Ce critère est habituellement noté “f/x.x”. Il existe par exemple des objectifs dont la capacité d’ouverture est de “f/3.5” et d’autres donc la capacité est de “f/2.8” ou encore “f/2.0”. Plus le chiffre est petit, plus la capacité d’ouverture est grande. Plus le chiffre est petit, plus l’objectif peut laisser entrer une grande quantité de lumière. Je sais que la relation est contre intuitive, mais en réalité il existe un moyen très simple de s’en souvenir. Imaginez simplement que le “f” correspond à la quantité de lumière reçue par l’objectif. Plus cette valeur est divisée par une grande valeur, moins il restera de lumière lorsque celle-ci parvient au capteur du boîtier.

Pour aller plus loin, je vous invite à jeter un œil attentif à l’article consacré à l’exposition photo 🙂

Caméra dslr sur trepied

Vous n’avez donc pas besoin de vous couper un bras pour obtenir une qualité d’image intéressante. À cela s’ajoute le fait de pouvoir obtenir assez facilement un rendu esthétique très cinématographique. Vous pouvez faire de la vidéo en héritant des principes fondamentaux de la photographie. Quand on souhaite faire du cinéma… c’est carrément le kiffe ! 😀

Les DSLR sont donc facilement « customisables ». Vous pouvez changer d’objectif, mais également ajouter des accessoires en fonction de l’usage prévu. Si par exemple vous prévoyez de faire du reportage caméra au poing, il peut-être intéressant d’ajouter une poignée grip ainsi que quelques batteries supplémentaires. Si au contraire, vous prévoyez un tournage de fiction plus “posé”, vous pouvez opter pour une mattebox, ainsi qu’un follow focus pour vous aider à faire la mise au point de manière plus précise.

Un appareil photo DSLR tout équipé

D’autre part, faire l’acquisition d’un appareil photo permet tout simplement d’exercer facilement son oeil de cinéaste en pratiquant… la photographie. Je l’ai déjà mentionné dans un article précédent, le fait d’apprendre la photo vous permettra de développer votre intuition technique, votre intuition créative et vous offrira l’occasion d’acquérir des compétences qui pourront potentiellement vous servir en dehors du cadre de la création cinématographique.

Enfin, les boîtiers photo ont une prédisposition naturelle à la sensibilité lumineuse. Ce qui m’amène à la seconde problématique posée par la question de Garance : une caméra capable de filmer en basse lumière. Comme je l’ai mentionné un peu plus haut dans cet article, l’objectif fixé sur l’appareil joue un rôle majeur sur la qualité définitive de l’image. Mais le capteur du boîtier possède également son propre niveau de sensibilité à la lumière. Pour évaluer ce niveau, il suffit de regarder les tests comparatifs des valeurs de sensibilité ISO. Plus la valeur ISO est élevée, plus l’image est susceptible de se dégrader dans des conditions de basse luminosité. Certains boîtiers permettent de monter dans des valeurs ISO très élevées, sans pour autant détériorer l’image obtenue de manière significative.

Pour un budget de 2000€, je conseille donc clairement la solution des DSLR. À mon sens, aujourd’hui il n’y a rien de comparable au niveau du rapport qualité/prix sur le marché du matériel accessible au grand public. Si vous souhaitez absolument travailler avec des caméras de gamme supérieure, je vous encourage avant tout à vous orienter vers la location et non l’achat. 🙂

5 Commentaires
  1. Puvilland 11 mois Il y a

    Bravo pour cet article très complet !

    Etant actuellement en recherche de producteur pour notre court métrage, je dois présenter un dossier complet, y compris en terme de détails techinques.
    Les caméras c’est très bien, en partant du même postulant, pourriez-vous aborder de la même façon les autres indispensables que sont : le son, la lumière, etc… ?

    Merci encore, c’est du super boulot, et on se sent moins seul !

    • Puvilland 11 mois Il y a

      Postulat pas postulant!
      😉

    • Marc
      Marc 11 mois Il y a

      Merci pour ce commentaire 🙂

      Très bonne question à propos du son. Cela dépend pas mal des configurations du plateau à prévoir pour chaque séquence et même chaque plan. Pour un plan très large il peut par exemple être intéressant d’utiliser des micros cravate. Inversement, pour un plan plus serré, il sera possible d’utiliser une perche plus facilement. Bref, il y a d’autres critères à prendre en compte 🙂 Pour la lumière on rejoint grosso modo le même type de problématiques. Mais en tout cas je note : à prévoir pour un prochain contenu 😉

      Bien à vous,
      Marc.

  2. jordana 11 mois Il y a

    EN aucun vous parler de la prise de son qui varie suivant le choix de l’appareil… qui non pas d’entrée son….

    • Marc
      Marc 11 mois Il y a

      Merci pour ton commentaire Jordana. Tout simplement parce que la question n’était pas focalisée sur la qualité du son, mais celle de l’image 🙂

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